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Articles de K. Tokitsu
    Méthode Hida
        Hida: L'efficacité dans la vie courante

Hida: Un homme mûr, jeuneHida: Les kata dans la méthode Hida

L'efficacité dans la vie courante

« Un jour, j'ai abattu un grand arbre, je l'ai scié et ai fendu le bois à la dimension convenable pour le brûler, puis j'ai entassé toutes les bûches. J'ai fait tout ce travail entre 3 heures de l'après-midi et le coucher du soleil. Le bûcheron m'a dit que c'était un travail de plus de deux jours entiers... Pour les travaux ruraux, j'ai décidé de ne plus travailler avec les ouvriers car mon travail a facilement deux à trois fois plus de rendement que le leur et j'ai vu que cette situation les gêne...

Avec la posture juste du corps, ma capacité digestive a étonnamment progressé. Si je ne mange pas beaucoup d'habitude, c'est parce que je n'ai pas besoin de beaucoup manger. Mais lorsqu'on fait un festin pour la famille ou des amis, il arrive parfois que je mange facilement comme trois personnes, mais je n'ai jamais de problème. De plus, je digère tellement bien qu'au bout d'une heure déjà j'ai l'impression que mon ventre est vide. C'est comme si un magicien avait effacé la nourriture que j'ai consommée. Cela étonne tout le monde. Certains poissons séchés cuits à l'eau sont si durs que tout le monde a de la difficulté à en mâcher un. Mais je peux en manger plusieurs assiettes et je me sens si léger qu'ils semblent avoir fondu dans l'estomac et avoir été absorbés immédiatement. Avec un accompagnement de pommes de terre gluantes, je mange 12 ou 13 bols de riz d'un coup. Mais au bout d'une heure, je ne sens plus rien dans mon estomac. Cela est extrêmement satisfaisant pour moi. Mais il ne s'agit pas d'un exploit de jeunesse, il s'agit d'aujourd'hui où j'ai 54 ans. Cependant, ayant une si grande capacité de digestion, je ne mange que peu d'habitude, car peu de nourriture me suffit... Si j'ai écrit des choses un peu vulgaires, ce n'est pas pour les recommander aux lecteurs, mais uniquement pour raconter dans quel état je me trouve. ».

 

Déjà, à cette époque, H. Hida mène une vie retirée en cultivant la terre.

Il écrit : « Je suis entouré de la beauté de la nature. Je suis habillé d'une tenue de judô salie de terre, avec une ceinture de paille. Quel plaisir j'ai à m'allonger dans les herbes ! Même lorsque le jour tombe, je regrette de retirer mon habit de travail plein de sueur... Quand la nuit commence à tomber, je me lave dehors à l'eau froide exposé au vent froid du nord... ».

 

La santé et la force physique surprenantes de H. Hida allaient de pair avec le régime alimentaire qu'il a pratiqué spontanément et en parallèle à la pratique de sa méthode. Bien qu'ayant une excellente digestion, son régime alimentaire était très simple et il ne mangeait que peu. Au fur et à mesure qu'il avançait dans sa méthode et que sa capacité physique augmentait, il appliquait spontanément un régime végétarien composé principalement de légumes et de riz complet ou de blé.

Il écrit : « Il y a une vingtaine d'années, je pensais comme tout le monde qu'un bon repas égale une bonne nourriture. Mais mon goût et mes besoins se sont transformés au fur et à mesure du changement de l'état de mon corps. Lorsque, à l'âge de 18 ans, j'ai décidé de m'élancer dans cette voie, une phrase m'a profondément marqué. « Pour mener une vie saine, il est indispensable de contrôler ses désirs. ». J'ai toujours appliqué cette idée à mon alimentation... En lisant des récits sur la préparation des boxeurs au combat, j'ai décidé, moi aussi, de me priver d'alcool, de tabac, de thé et de gâteaux. Je ne bois que de l'eau fraîche... J'avoue que la privation des choses que j'aime était pénible au début, mais je l'ai fait pour gagner le combat de la vie que je menais... Au cours de la pratique, j'ai compris ce qui est nécessaire et ce qui est nocif pour la vie... J'ai commencé à aimer les nourritures simples. Le riz complet mélangé avec du blé, la salade confite et la soupe de miso, c'est le repas que j'aime le plus. Je n'aime plus les bons repas. Surtout, je n'aime plus les luxueuses cuisines occidentales, lourdes... Même en voyage, lorsque je loge à l'hôtel, je me lève généralement à 3 heures du matin et parfois à 2 heures. Je me douche, à mon réveil, avec des seaux d'eau glacée, puis je ne manque jamais de faire une série complète de mes exercices. Je mange d'habitude un bol du riz le matin, trois bols à midi et deux le soir. Entre temps, je mange parfois des fruits, jamais autre chose... Je ne mange ni oeuf, ni lait, ni poisson, ni viande. Ce régime alimentaire me permet d'avoir l'esprit clair et de remplir de force mon corps. Je sais, par mon expérience, qu'il est faux de penser qu'il faut manger des nourritures riches et complexes pour alimenter l'énergie vitale... Je ne permets pas que l'on serve à ma table des nourritures qui affectent négativement la vie telles que le saké, le whisky, le beefsteak les côtelettes, les gâteaux. ».

 

La méthode de H. Hida ne se limite donc pas à une série d'exercices physiques, elle comporte aussi un régime alimentaire : principalement du riz complet et des légumes. Vers la fin de sa vie, il va jusqu'à manger le riz complet non cuit, le laissant tremper dans l'eau et refusant absolument les protéines animales. Nous avons vu aussi qu'en des occasions sociales exceptionnelles, il expérimente qu'il peut sans dommage manger les aliments les plus divers.

Dans le régime qu'il suit, nous pouvons distinguer deux phases. Tout d'abord dans le cadre d'une attitude ascétique générale, il se prive de certains aliments qu'il juge préjudiciables à la santé. Ensuite, il se fie à son goût et aux sensations d'un corps dans lequel il a confiance pour choisir ses aliments. C'est donc spontanément qu'il suit un régime très strict. Il trouve la profondeur du goût de chacun des aliments de cette nourriture frugale, sans que celui-ci ne soit masqué par des condiments et il explique qu'il trouve un grand plaisir dans le goût de ces aliments. Cette attitude est commune à différentes méthodes de recherche visant à aller au plus profond de l'expérience.

 

Revenons au 18 Juin 1922, le jour où H. Hida a fait l'expérience qui a infléchi sa recherche. Relisons son récit :

« Absorbé dans mes exercices, j'ai ressenti tout d'un coup une grande puissance effrayante qui a jailli à partir du centre du corps, située entre le bassin et le ventre. J'ai eu l'impression que cette force a traversé le parquet, a pénétré dans la terre, a atteint le centre de la terre, puis a traversé vers l'infini de l'univers... Rempli de joie, j'ai effectué l'exercice suivant. Lorsque j'ai posé puissamment mon pied droit sur le sol avec un kiaï, j'ai entendu un bruit sourd. Qu'est ce qui était arrivé ? J'ai vu un trou de la forme de mon pied dans une solide planche de 2,5 cm d'épaisseur. Une seconde fois, puis une troisième fois, j'ai effectué le même exercice. A chaque essai, mon pied traversa la planche qui n'offrait aucune résistance. Au quatrième essai, en traversant la planche, mon pied a rompu le bois de support de 12 cm d'épaisseur en marquant nettement la forme du talon. Qu'est ce que cela veut dire ? Par la suite, j'ai recherché avec soin pour quelle raison une telle force avait jailli... J'ai compris que, par cette démarche, en traversant des difficultés, j'étais parvenu à une victoire finale. J'avais trouvé une méthode pour renforcer le corps et l'esprit... ».

Cette expérience marque un changement radical et lui prouve la justesse de sa démarche. A partir de ce jour, il va systématiser avec conviction ses expériences pour constituer une méthode. En élaborant et appliquant sa méthode, il développe ses capacités physiques et mentales à un degré tout à fait surprenant.

Document d'archive écrit en ???
par Kenji Tokitsu - publié dans les Editions Shaolin-mon (©Tokitsu-ryu)

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