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Articles de K. Tokitsu
    Réflexion historique sur le karaté 6
        Shirai atteint l'énergie mystique du sabre méthode voie ésotérique

L'étape ultime question cruciale pour le budo voie zen Hakuin

Ainsi T. Shirai sent qu'il se trouve dans la bonne voie mais l'état de vide profond atteint dans la méditation est troublé chaque fois qu'il prend son bokken, lorsque surgit la pensée de frapper son adversaire. Il avait entrevu la bonne voie mais n'était pas encore arrivé à la réaliser dans le kendo.

En 1815, son maître partit en mission en lui indiquant de compléter ses exercices par l'assistance quotidienne à la prière bouddhique d'un courant ésotérique (Mikkyo)... Et un jour, pendant la prière du moine qui récite en frappant un gong, il a eu tout d'un coup un moment d'illumination. Il le décrit ainsi : « La main du moine ne fait pas de mouvement inutile, sa main, sa voix s'accordent parfaitement à la subtilité universelle. En essayant le sabre en mains, ce que j'ai capté à ce moment, je suis parvenu à l'ultime subtilité de l'art... ».

Ainsi T. Shirai a atteint en sabre un état que l'on peut qualifier d'immuable où l'énergie (ki), le sabre (ken) et le corps (tai) se fondent en une unité, état qui jaillit de lui-même naturellement, sans appel à la volonté. Il était sûr d'avoir atteint l'état indiqué auparavant par son maître. Quelques années plus tard, en 1821, maître Terada revint de sa mission à Edo. T. Shirai lui rendit visite pour lui montrer ce qu'il avait obtenu. Soyu Terada, âgé de 77 ans, vit que T. Shirai avait atteint le niveau ultime du kendo. Celui-ci avait alors 39 ans. S. Terada lui écrivit : « Vous avez atteint dans votre progression à la subtilité divine de l'art et vous me dépassez aujourd'hui ».

Ainsi T. Shirai a résolu son problème initial en découvrant et en réalisant lui-même le niveau de l'art du sabre qui lui permit d'avancer avec l'âge, alors même que la force physique diminuait.

Il y eut pendant l'époque Edo un très grand nombre d'adeptes du sabre qui s'investissaient profondément dans la voie. Seul un nombre infime d'entre eux ont atteint le niveau ultime de cet art. Plus rares encore sont ceux d'entre eux qui ont écrit sur leur méthode d'entraînement. C'est pourquoi T. Shirai note : « Ces maîtres ont atteint le niveau ultime par leur qualité personnelle sans qu'ils puissent savoir comment et ce qu'ils disent est fort juste mais puisqu'ils n'indiquent nullement la méthode de renforcement de l'énergie vitale (rentan), c'est peu utile pour ceux qui viennent après. ».

Selon Shirai le « ren-tan » est le seul guide pour se mettre dans la voie correcte et la seule méthode efficace. C'est pourquoi il considérait son ouvrage comme une échelle à gravir pour ses successeurs.

Comment comprendre ce récit ?

Voici, brièvement présenté, l'exemple de Toru Shirai qui a réussi à résoudre un problème fondamental pour l'art du sabre, aller au-delà de la simple dimension physique. C'est par l'approche de cette dimension que le Budo se confond avec la vie. Que pouvons-nous retirer de cet exemple ? La capacité de T. Shirai semble avoir quelque chose de surnaturel ou tout au moins d'extraordinaire selon les témoignages de plusieurs de ses contemporains. Sans être mystique, je pense que la science n'a pas dévoilé entièrement la qualité de ce qu'est l'énergie humaine. La vie n'a-t-elle pas un côté mystérieux ? Il serait inadéquat d'enfermer le phénomène de l'énergie dans la simple logique de forces musculaires. La tradition du Budo recèle des épisodes qui échappent souvent à une explication rationnelle. Il va sans dire que, dans le passé, ces phénomènes conçus comme surnaturels étaient attachés à une pratique mystique ou à une religion. Nous ne pouvons ni prétendre avoir une attitude scientifique, ni atteindre ces capacités dans la pratique, sans trouver une méthode intelligible à notre logique.

Si, à la période féodale japonaise, la société globale était profondément imprégnée de croyances mystiques unificatrices, nous ne vivons plus ainsi et, à moins de vivre dans un monastère, la logique mystique ou religieuse n'exerce plus d'efficacité ni de pouvoir totalisant . La force de la méthode mystique était de permettre à l'homme de s'investir profondément en effaçant tout doute et c'est là le point de départ de son efficacité. Comment parvenir aujourd'hui à des résultats comparables en repoussant cette attitude ? Telle demeurera notre question dans l'avenir en poursuivant ce long chemin.

Document d'archive écrit en 1984
par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui

L'étape ultime question cruciale pour le budo voie zen Hakuin

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