sante et longevite, age formation developpement personnel et efficacite performance
découvrir     proche de chez vous


 
Articles de K. Tokitsu
    Réflexion historique sur le karaté 6
        L'étape ultime question cruciale pour le budo voie zen Hakuin

Le maître de sabre Toru Shirai écrit avec son bokkenShirai atteint l'énergie mystique du sabre méthode voie ésotérique


Une question cruciale pour le budo

Il écrit : « J'y demeurai six longues années, j'en vins à me poser une question si importante pour moi qu'il m'arriva d'en pleurer en secret, en pensant que ma vie était engagée dans une fausse direction. Car il y a autant d'adeptes de sabre que d'étoiles mais ils s'étiolent presque tous à partir de 40 ans. Si la voie du sabre ne dure qu'au moment de l'épanouissement de la force physique, elle n'est pas fondamentalement différente du combat de coqs. Je pensais que c'était le comble de la stupidité d'avoir consacré vingt années de ma vie à une chose aussi dérisoire. Je ne trouvais plus de plaisir à m'entraîner au sabre à partir du moment où je me suis dit que je m'étais trompé. J'avais alors 28 ans ».

Si le niveau du kendo qu'il avait recherché avec acharnement n'était valable que durant la jeunesse, pour T. Shirai cela ne valait pas la peine de continuer. C'est un problème que rencontrent à un moment de leur vie tous ceux qui se dédient à l'art martial et seuls ceux qui le surmontent atteindront le niveau de véritable adepte. La question se pose encore aujourd'hui de la même manière. Et si certains adeptes contemporains rejettent le judo du cadre du Budo, c'est à partir de ce type de raisonnement. Car on renonce à être le meilleur après l'âge de 30 ans, puisque le poids du corps, la force et la résistance physique y comptent comme éléments dominants. Alors cela ne participe pas de la qualité du Budo. Nous constatons, non seulement en judo mais en karaté aussi, que nombre de personnes renoncent à la progression qualitative en étant encore bien jeunes et disent « J'ai été plus fort quand j'étais jeune ». L'important dans l'art martial se place toujours « ici et maintenant » avec une perspective d'ascension dans l'avenir. L'évocation du niveau atteint dans le passé n'a aucune valeur.

T. Shirai affronta ce problème en s'imaginant comment il serait dans l'avenir au travers des exemples de ses prédécesseurs.

L'étape ultime

Il revint à Edo à l'âge de 28 ans et visita Soyu Terada, élève le plus avancé de son ancien maître. Ce dernier lui demanda : « Comment as-tu progressé dans la voie du sabre ? ». Il écouta la réponse de T. Shirai en souriant et dit à la fin : « On va le voir en pratique ».

T. Shirai écrit : « J'ai pensé que ce serait une bonne occasion d'examiner des problèmes que je nourrissais depuis un certain temps. Car maître Terada avait alors 63 ans et je pensais que le combat serait difficile pour lui à cause de son âge, même s'il était un véritable adepte. En imaginant avoir mes chances, je me mis en face de lui, le bokken en mains. Je voulus m'approcher du centre du corps de mon adversaire avec ma technique favorite. Tandis que le maître restait immobile tenant calmement son bokken, celui-ci me donnait l'impression de couvrir tout mon corps à partir du haut de ma tête et son « ki » formidable m'accabla. Mon corps se rétrécit, couvert de sueur, je ne pouvais trouver nulle part où me situer, c'était comme dans un rêve. J'ai été obligé de jeter mon bokken à terre et, agenouillé au sol, je me suis incliné et lui ai demandé comment il avait pu acquérir cette capacité.

Il m'a répondu : « On ne peut y parvenir qu'avec une illumination spirituelle » et il m'a indiqué des points erronés dans ma méthode d'entraînement.

J'ai senti que j'avais compris la cause du problème qui me tourmentait depuis longtemps et l'ai sollicité de me prendre comme disciple (...) Bien que je sois devenu son disciple, il m'était très difficile de trouver une voie correcte. J'en ai parlé à maître Terada, alors il m'a répondu : « Ton corps est empli de pensées et de ki négatifs car tu t'es entraîné pendant plus de vingt années dans une voie erronée. Il faut donc purifier ton corps en t'abstenant de saké et en pratiquant régulièrement le jeûne. De plus, il faut purifier ton corps par des douches d'eau froide en t'arrosant chaque jour deux à trois cents fois avec un seau d'eau ».

« J'ai suivi fidèlement ces consignes pendant cinq années. Alors, loin d'obtenir une voie correcte, je me suis trouvé épuisé et suis devenu névrosé. J'ai alors rencontré le « Naikan ho » (méthode d'observation intérieure) du maître zen Hakuin. J'ai lu son livre et quelques autres et travaillé à fortifier mon énergie par la respiration et la méditation à l'aide de maître Terada qui était en même temps maître zen. Grâce à ce travail j'ai retrouvé la santé en deux mois et ai avancé dans mon art ». La méthode de Hakuin consiste en travail de la respiration abdominale avec une méditation liée à la sensation de la circulation d'énergie dans le corps. Hakuin a mis au point cette méthode à partir de sa longue pratique du zen et l'étude de méthode taoïste. Hakuin a écrit son ouvrage après s'être lui-même guéri de la tuberculose, considérée à l'époque comme incurable (1).

 

Note : (1) Hakuin (1685-1768). Deux de ses ouvrages, « Yasen-kan-na » et « Yabu-koji » sont réunis dans le n° 10 de la collection « zen no koten » (classiques du zen) - non traduit. Ed. Kodansha, Tokyo, 1982

Document d'archive écrit en 1984
par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui

Le maître de sabre Toru Shirai écrit avec son bokkenShirai atteint l'énergie mystique du sabre méthode voie ésotérique

audité par