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Articles de K. Tokitsu
    L'objectif du budo (saison 1988-89)
        la transmission la pratique et les stages

Les étapes de l'enseignement selon les niveaux

Le contenu des cours et le rapport de transmission

Avant de vous mettre ou de vous remettre à la pratique du Shaolin mon, je vous incite à relire mon ouvrage « Méthode des arts martiaux à mains nues ». Je vous demande de continuer la lecture de ce papier après une relecture attentive du chapitre « Le mode de transmission de l'art du combat ». Si j'écris cela, c'est qu'en observant la pratique de certains de mes élèves parisiens, pourtant si proches, je me demande s'ils ont jamais lu ou écouté ce que je tente de leur communiquer.
Je continue en considérant que vous avez fait la lecture proposée. Dans mon enseignement, je refuse d'être le moniteur, ou l'entraîneur que j'ai décrit page 172. Je considère qu'une grande majorité des élèves est là pour étudier un art. Je suis là pour accomplir une tâche de professeur. Et, avec très petit nombre d'élèves, je constate une relation de maître à disciple. Cependant mon art est très loin de ce que je recherche, j'en ai conscience, et mon enseignement est loin d'être parfait. A mon sens, professeur, ou maître, n'est pas la qualification absolue d'une personne. Il n'existe pas de professeur sans élève, pas de maître sans disciple. En dehors du rapport d'enseignement, je ne suis donc ni professeur, ni maître mais suis un simple adepte qui cherche la voie de son art.
Si j'ai senti le besoin de répéter cette constatation, c'est pour expliquer qu'il y a des différences dans mon enseignement selon le rapport que je noue avec mes élèves. Les cours que je donne ne sont pas les mêmes s'il s'agit d'un cours ordinaire avec mes élèves ou d'un cours avec quelques-uns des mes disciples. Ce n'est pas l'effet d'une préférence arbitraire, car le contenu de la transmission est déterminé spontanément par le rapport dynamique qui existe entre nous. A mon sens dans la transmission de l'art ce type de discrimination est inévitable. Le registre de votre langage ne change-t-il pas selon votre intimité avec la personne à qui vous parlez ? Vous ne vous parlez ni de la même manière, ni des mêmes choses quel que soit l'interlocuteur. Il en va de même pour moi, lorsque je communique mon art qui est moi-même. Il me semble honnête de préciser cela, car je discerne parfois certains malentendus de la part d'élèves qui attendent à la fois l'égalitarisme et la prise en charge d'un club sportif. Ma relation avec les élèves est celle de l'enseignement d'un art, où chaque élève suit son propre chemin. Je ne peux l'aider qu'en fonction de celui-ci. Comme le paysage change en gravissant une montagne, votre motivation, vos objectifs et lé plaisir de la pratique se modifient avec le temps. Il serait faux de croire que l'idée du contenu de la pratique que vous vous faites au départ est complète. La pratique réserve des découvertes.

 

 

Les différents cours de l'Ecole Shaolin-mon

Les cours habituels sont dirigés avec une progression, en suivant des orientations de fond nécessaires et utiles pour tout le monde.
A Paris, ces cours ont lieu en fin d'après-midi, les mardi, jeudi et vendredi, au 87, rue de Vaugirard, ainsi que le matin, les mercredi et vendredi au dojo du 8, rue du Pré aux Clercs (où le nombre des élèves est limité en raison de l'espace). Les débutants ayant besoin d'acquérir une formation de base, suivent un soir par semaine un cours que je dirige au dojo du Pré aux Clercs, et participent aux cours de la rue de Vaugirard où un encadrement particulier est assuré pour eux par les assistants.
Cependant le niveau des élèves qui ont dépassé le premier stade est varié, le durée de leur pratique du Shaolinmon et leur degré d'assimilation différent. Prenons un exemple, pour s'exercer au « ritsu-zen », il est indispensable qu'un élève passe par un apprentissage formel.
Il complétera petit à petit cet exercice par une orientation plus intériorisée. Selon son avancement et son degré d'investissement dans sa pratique, l'indication que je donne doit varier. La curiosité intellectuelle dépasse bien souvent la capacité et la disponibilité pratiques. C'est un défaut que je constate souvent. Il serait inutile et même troublant de donner au départ toutes les indications qui doivent être assumées progressivement, au fur et à mesure de l'avancement. Ceux qui ont l'expérience d'avoir franchi des étapes comprennent bien ce que je veux dire.
Après quelques années de pratique, selon leur progression, les élèves ont besoin par moments de recevoir des instructions particulières dans tel ou tel domaine.
En observant leur degré de progression et les nécessités, je les inviterai individuellement de temps à autre à venir suivre dans mon dojo un cours spécialement composé pour un petit groupe d'élèves qui doivent travailler les mêmes questions. Ces cours portent sur la précision de certains exercices et sur le combat. En principe ces cours auront lieu le samedi matin ou un soir de la semaine, sans périodicité fixe.
De plus, je dirige un entraînement pour ceux avec qui j'ai une relation maître-disciple, il a lieu le matin très tôt ou le soir. Dans des disciplines particulières, je donne un cours de respiration le lundi matin, et quelques cours de taiji quan l'après midi.

J'ai précisé les différents types de cours que je donne au dojo de Paris, et je vous en informe pour rendre plus concrète la perspective à long terme de l'enseignement, et qu'elle prenne du relief pour chacun. L'enseignement ne peut pas être unitaire et il est bon de reconnaître et de comprendre qu'il y a, dans l'enseignement de l'art, des différences en forme et en profondeur qui tiennent aux rapports personnels vivants de la transmission. Lorsque des professeurs de province viennent à Paris, ils sont invités aux cours sans avoir à payer de cotisation, mais il doivent contacter à l'avance le bureau de l'école.

 

 

Les stages

Avec les élèves de province, le stage est l'occasion privilégiée de notre communication.
Les stages habituels sont organisés régulièrement dans les différents dojos. Leur objectif est la communication d'un contenu auquel s'exercer durant plusieurs mois et une révision de la progression des élèves.
Il sont complétés par les stages d'été. Des stages d'initiation peuvent être organisés à la demande de nouveaux dojos qui souhaitent s'initier au Shaolin mon.
Ils peuvent être donnés par certains professeurs. Je choisirai la personne la plus adéquate pour chaque demande.
Les professeurs de l'école Shaolin-mon suivront régulièrement des stages de formation particuliers. Il s'agira d'y élever le niveau de chacun en tant qu'adepte et d'y étudier la manière d'enseigner et le contenu de ce qu'ils doivent communiquer à leurs élèves. Le contenu et l'intensité de ces stages sont très différents des autres.

Le contenu de ce que je veux pratiquer et enseigner ne peut pas être transmis de façon impersonnelle.
C'est pour cela que notre enseignement doit rester artisanal, et que nous ne devons pas rechercher une extension quantitative à tout prix.

Document d'archive écrit en 1988
par Kenji Tokitsu - publié dans Bulletin de liaison Shaolin-mon n°8

Les étapes de l'enseignement selon les niveaux

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