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Articles de K. Tokitsu
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        Naîto s'entraine au dojo de Kenkichi Sakakibara

crise dans tous les arts traditionnels Kenkichiki Sakakibara

Le dojo de Kenkichi Sakakibara

K. Sakakibara est âgé de 53 ans, lorsque T. Naîto rend visite à son dojo.

- « Vous dites que vous êtes élève de Me Ozawa de Mito ? Bien, entrez, donc. »

K. Sakakibara le reçoit avec bonhomie et le conduit à son dojo dont l'atmosphère mêlée de chaleur et d'odeur de sueur frappe T. Naîto dès qu'il franchit le seuil. La violence de l'entraînement était célèbre. Dans ce dojo, K. Sakakibara faisait utiliser des armures particulières. L'acier de la grille des casques était particulièrement solide car les shinaï de ce dojo était fabriqués avec un bambou deux fois plus épais que celui auquel nous sommes habitués aujourd'hui. Il n'y avait que peu de creux central et on avait, dit-on, l'impression que le shinaï était fait avec un bambou plein. La frappe de K. Sakakibara était particulièrement forte, c'est pourquoi si la grille du casque n'était pas solide, l'acier se cassait vers l'intérieur, ce qui pouvait causer des accidents graves.

Jirokichi Yamada, successeur de K. Sakakibara écrit :

« La frappe de maître était tellement forte que je ne pouvais plus ne pas anticiper la douleur avant de recevoir un coup sur la tête. Pour dominer cette anticipation négative, je devais m'habituer à un choc violent sur la tête. Dans ce but, je m'exerçais tous les jours à donner les coups de tête à un grand pilier du dojo. Lorsque par la douleur et de fatigue je ralentissais la cadence de cette répétition et la force de coup, je prenais ce pilier avec les mains et continuais à me cogner souvent jusqu'à l'évanouissement. »

J. Yamada raconte que grâce à cet entraînement, il a fini par ne pas avoir peur de recevoir les coups de shinaï et il est devenu capable de garder les yeux ouverts en les recevant.

Quelques années plus tard, la partie du pilier où il donne régulièrement les coups de tête est creusée. J. Yamada succédera à K. Sakakibara à la direction de ce dojo et lorsqu'il fera construire un nouveau dojo, un des disciples conservera la partie creusée de ce pilier en mémoire de son maître.

Ce type d'effort est sans doute incompréhensible à partir de l'image du kendo moderne mais, à l'époque où T. Naîto rend visite à K. Sakakibara, on y s'entraîne dans la continuité de la pratique du sabre véritable où on vise à pourfendre en deux à chaque frappe et on ne se contente pas de toucher l'adversaire avec le shinaï comme dans certaines compétitions sportives de kendo moderne.

Invité par K. Sakakibara, T. Naîto revêt son armure et prend le shinaï du dojo Sakakibara qui était bien plus gros et lourd que le shinaï ordinaire.

Prenant un shinaï, K. Sakakibara dit sans prendre d'armure :

« Allons voir. »

T. Naîto s'étonne qu'il ne revête pas d'armure de protection et en est quelque peu piqué dans son orgueil juvénile mais, une fois en face de lui, il comprend immédiatement le poids que représente son adversaire. Sans pouvoir rien faire, il se sent repoussé par une puissance comme si l'air d'en face est devenu pesant. Il reste immobile : « Que se passe t-il ? Venez me frapper. »

Encouragé par l'incitation, malgré la sensation d'être dominé, il s'élance pour frapper à la tête, en poussant un puissant kiaï. Malgré sa force, son kiaï n'a pas pu s'associer à son geste de frappe, tandis qu'il ressent et entend le bruit de la frappe qu'il reçoit sur son avant bras droit, son shinaï tombe au sol. Jamais il n'a reçu un coup aussi percutant, il a l'impression que son bras est tranché.

« Le kiaï est bon. Restez au dojo autant que vous voulez. » dit avec un sourire K. Sakakibara.

T. Naîto demeure au dojo de K. Sakakibara durant près de deux années, puis un jour de 1885, il part en voyage de « musha-shugyo » - voyage d'approfondissement - dont nous connaissons déjà une partie.

 

(A suivre...)

Document d'archive écrit en 1989
par Kenji Tokitsu - publié dans Karaté-Bushido

crise dans tous les arts traditionnels Kenkichiki Sakakibara

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