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Articles de K. Tokitsu
    Etude sur les maîtres du sabre japonais - Musashi-4
        sabre : l'adversaire attaque deux sabres garde bas attaque et imai

sabre japonais de Musashi omoté et cinq formules techniques combat

Première formule technique

Prenez la garde chudan (moyenne) en pointant votre sabre vers le visage de l'adversaire ; lorsque celui-ci lance une attaque, évitez-la en repoussant son sabre vers la droite et prenez ensuite l'initiative de l'attaque. Si vous n'avez pas réussi votre attaque et qu'il enchaîne par une autre attaque, frappez de haut en bas en retournant immédiatement la pointe de votre sabre à partir de la position précédente. Laissez votre sabre là où il se trouve après ce mouvement vers le bas et frappez le bras de l'adversaire au moment où il attaque de nouveau. Ceci est la première formule.

Les cinq formules sont difficiles à comprendre par la seule lecture, il est nécessaire de les comprendre dans la pratique effective. En approfondissant les cinq principales techniques, vous pourrez comprendre votre propre sabre et celui des adversaires. J'insiste sur ce point pour l'Ecole des deux sabres qui est la mienne, il n'a pas d'autre base que ces cinq formules techniques. Il faut s'entraîner.

Avant de donner la traduction des autres formules techniques, il me parait intéressant de nous arrêter un moment à la première et de la rapprocher de la façon dont Me Imaï la réalise actuellement dans le kata. Me Imaï prend les deux sabres à l'horizontale, les pointes dirigées vers le visage de son adversaire. C'est la garde chudan (moyenne). La lame de chaque sabre est tournée vers l'extérieur. Il appelle cette garde « enso no kamaé » et explique que c'est une garde qui demande un esprit large et calme, qui contient tout un univers entre les deux sabres.

L'adversaire attaque de haut en bas, Me Imaï abaisse ses deux sabres et laisse le sabre de l'adversaire trancher l'air ; l'adversaire relance une autre attaque, Imaï l'arrête avec son petit sabre tenu de la main gauche et donne un coup tranchant dirigé vers le bras de l'adversaire avec son grand sabre tenu de la main droite. Le coup est dirigé de bas en haut, en partant de la gauche. Cela ne correspond pas exactement à la description faite par Musashi.

Deuxième formule technique.

Dans la seconde formule, vous prenez le sabre en jodan (haut) et frappez d'un seul coup au moment où l'adversaire amorce son attaque. Si vous n'avez pas réussi à le pourfendre, laissez votre sabre en bas et frappez de bas en haut au moment où l'adversaire relance son attaque. Faites de même si cette situation se répète.

Dans cette formule existent plusieurs façons de maîtriser votre esprit et les hyoshi. Donc, si vous approfondissez l'art de mon école à partir des cinq formules de frappe, vous pourrez bien comprendre les cinq voies du sabre et vous gagnerez de toutes les façons car il faut bien s'entraîner.

Dans la seconde formule du kata, Me Imaï prend son sabre droit en jodan (haut), au-dessus de son épaule droite, et son autre sabre en chudan (moyen), pointé vers le visage de l'adversaire. II appelle cette garde « garde de feu ». L'adversaire attaque en frappant du haut en bas. Imaï pare avec son sabre droit et continue son mouvement de parade pour conduire le sabre de l'autre vers le bas, en appuyant sur le dos de ce sabre. Ensuite, l'adversaire relance une autre attaque, Imaï la bloque cette fois en croisant ses deux sabres au-dessus de son front. Les lames des trois sabres se croisent un instant en un seul point. Mais cette position ne dure qu'un instant car immédiatement Imaï écarte largement ses deux sabres en formant un quart de cercle pour renvoyer le sabre adverse vers le bas et, sans arrêter un instant le mouvement, il frappe vers la tête de son adversaire avec son grand sabre tenu de la main droite.

Les principes énoncés dans ces cinq formules sont également applicables aux arts de combat à main nue, tels que le karaté. Elles méritent une lecture attentive qui ne s'arrête pas à la description des gestes, même si celle-ci est très précise. L'important est ce qui réside au fond de ces gestes, ce dont ils découlent au niveau de l'énergie, de la précision, de la perception de la cadence (hyoshi) et de la distance (ma) et de la prévision de l'adversaire (yomi). Dans le prochain article où nous continuerons d'examiner l'art de Musashi, je présenterai les trois dernières formules.

(A suivre...)

Document d'archive écrit en 1986
par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui

sabre japonais de Musashi omoté et cinq formules techniques combat

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