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Articles de K. Tokitsu
    Etude sur les maîtres du sabre japonais - Musashi-3
        sabre katana japonais de Musashi, deux sabres manier une main

rouleaux du hyoho voie hyôho Musashi rouleau du ciel sabreL'école de sabre Musashi et armes du Bushi voie hyôho

Sabre katana japonais. Miyamoto Musashi, le plus connu des samouraïs de la période Tokugawa. C'était un superbe bretteur et un maître dans l'art de combattre avec un sabre dans chaque main, comme le montre la gravure de Kuniyoshi

Ci-dessous: Miyamoto Musashi, le plus connu des samouraïs de la période Tokugawa. C'était un superbe bretteur et un maître dans l'art de combattre avec un sabre dans chaque main, comme le montre la gravure de Kuniyoshi

Une pratique de l'art martial

Nous allons maintenant aborder la pratique de l'art martial telle que la propose Musashi.

L'école de Musashi et les armes du bushi.

Les deux sabres

Ce qui a fait la renommée de l'école de Musashi est l'usage simultané des deux sabres :

Je donne à mon école le nom de « Ni to » (les deux sabres).

« Je l'appelle les deux sabres puisque tous les bushi, du général au soldat, portent aux hanches deux sabres. Autrefois, on appelait ces deux sabres « tachi » et « katana », on les nomme aujourd'hui « katana » et « wakizashi ». Tous les bushi portent ainsi deux sabres, cela va de soi. Porter les sabres aux hanches est la voie de bushi, dans notre pays on ne se demande même pas pourquoi. J'appelle l'école les deux sabres pour que l'on y apprenne bien la raison d'être et l'usage de ces deux sabres. La lance et le naginata (arme à long manche avec une lame grande comme un sabre) sont considérés comme des armes complémentaires à utiliser au-dehors. Dans mon école, un débutant doit s'entraîner avec le grand sabre d'une main et le petit de l'autre, c'est cela le principal. Si l'on doit mourir au combat, il est souhaitable d'utiliser toutes les armes qu'on porte. Mourir avec des armes laissées au fourreau sans pouvoir les utiliser est déplorable.

Toutefois, il n'est pas facile de manier librement une arme de chaque main. Une des raisons pour lesquelles il convient de se servir des deux sabres est de s'habituer à utiliser le grand sabre d'une seule main. On manie à deux mains une grande arme comme la lance ou le naginata mais le grand et le petit sabre sont tous deux des armes à tenir d'une seule main.»

Nous remarquons une certaine confusion des termes. Comme Musashi l'explique lui-même dans un paragraphe précédent, les deux expressions « tachi et katana », et « katana et wakizashi » signifient « le grand sabre et petit sabre » mais katana désigne le petit sabre dans la première et le grand dans la deuxième. A l'époque de Musashi l'appelation des sabres n'était pas encore tout à fait stabilisée.

« Tenir un grand sabre à deux mains est surtout déconseillé quand on se bat à cheval, quand on se bat en courant, quand on se bat en terrain marécageux, dans une rizière profonde, un champ caillouteux, un chemin abrupt, ou quand on se trouve dans une foule. Puisqu'on prend le grand sabre d'une seule main, on peut prendre de la main gauche un arc, une lance ou toute autre arme. Prendre un sabre à deux mains n'est pas l'attitude de la voie. Si on n'arrive pas tuer son ennemi d'une seule main, il suffit d'utiliser les deux mains. Ce n'est pas compliqué. C'est pour apprendre à manier librement le grand sabre d'une seule main qu'on utilise les deux sabres. Tout le monde rencontre au début des difficultés à manier le grand sabre d'une main à cause de son poids mais ces difficultés ne concernent pas seulement le sabre.

Pour un débutant, il est dur de bander un arc ou de manier un naginata. Quelle que soit l'arme l'important est de s'y habituer, c'est ainsi, par exemple, que l'on arrivera à bander un arc puissant. Pour le sabre aussi, c'est en s'exerçant chaque jour à la frappe que l'on parviendra à le manier avec facilité en obtenant la force de la voie.».

Malgré l'affirmation de Musashi, les récits de la période Edo montrent à quel point il est difficile de manier avec aisance un sabre d'une seule main. Lorsque l'entraînement avec le shinaï et les armures de protection est devenu d'usage courant dans la grande majorité des dojos, certains adeptes ont utilisé deux shinaï. Mais, alors même qu'ils étaient capables de bien combattre au dojo, leur capacité fut souvent mise en doute car on se demandait ce qu'il adviendrait « s'ils prenaient des véritables sabres dans une situation réelle ». En effet, lors d'un combat de sabre, il ne suffit pas de manier celui-ci mais de pourfendre l'adversaire en parant ses attaques lancées avec un sabre lourd tenu à deux mains. Il n'est pas possible de mesurer cette difficulté en combattant avec un shinaï. On disait souvent alors : « Il est impossible d'utiliser les deux sabres sans avoir la puissance innée de Niten-sama », c'est-à-dire de « maître Miyamoto Musashi » (Niten est le nom de l'école de Musashi, « sama » est une expression de respect).

Document d'archive écrit en 1986
par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui

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