Articles de K. Tokitsu
    Texte d'orientation 1994-95
        da cheng chuan, kenjutsu, Hida, Xiangzhai

Karaté et taichi chuan de synthese de ChenConstatation, déplacement par propulsion

Le dà chèng chuan

La méthode de « dà chèng chuan » est constituée de l'exercice de ritsu-zen et de ses prolongements. J'ai déjà écrit dans la revue « Karaté-bushido » plusieurs articles sur cette méthode. En attendant la publication d'un ouvrage de synthèse sur « les méthodes », je vous invite à les lire. (La rédaction du bulletin prépare également une brochure de documents à partir de mes publications. Pour l'obtenir, s'adresser à la rédaction.)
Dans ce texte, je me limite à préciser la corrélation entre les disciplines. L'exercice du ritsu-zen est transmis depuis longtemps dans de nombreuses écoles d'arts martiaux chinois comme exercice secret d'efficacité. Cet enseignement transmis dans une école de xing yi chuan est à l'origine de l'élaboration du dà chèng chuan par Wang Xiangzhai. Au lieu d'apprendre l'art martial à partir des techniques variées (coups de poing et de pied, déplacements, etc.), il préféra enseigner directement l'exercice énergético-sensoriel qui se situait d'ordinaire à la fin de l'apprentissage technique. Selon sa méthode les techniques doivent être l'expression de la volonté et l'intensité cultivées par l'exercice méditatif (ritsu-zen).
Rappelons que le taichi de synthèse provient d'une révision technique effectuée par Wang Shujin, maître du xing yi chuan, qui a reçu dans sa jeunesse l'enseignement de Wang Xiangzhai, fondateur du dà chèng chuan et aussi maître du xing yi chuan. En étudiant le travail de Wang Shujin, nous constatons une corrélation avec le dà chèng chuan, car il a introduit dans la pratique de son école des exercices de ritsu-zen.

Le kenjutsu (l'art classique du sabre japonais)

J'ai introduit depuis quelques années la pratique du kenjutsu dans mon école. Cette pratique n'est pas centrale pour tous, mais il est souhaitable de connaître son existence et sa place dans la méthode de l'école.
Pourquoi et comment pratiquer l'art du sabre ou du bâton ?
Premièrement, tenir un sabre permet de vous exercer à élargir votre perception du corps dans l'espace, car le sabre est un prolongement de votre corps. Vous devez sentir l'adversaire avec l'extrémité du sabre. Votre capacité en technique du combat à main nue doit pouvoir être transposée au moyen du sabre ou du bâton.
Deuxièmement, la technique du sabre nécessite des contrôles particuliers du corps. L'apprentissage de la technique du sabre vous impose des gestes particuliers, qui constituent un ensemble de techniques du corps que vous pouvez ignorer si vous n'utilisez pas le sabre. Autrement dit, grâce à la présence de l'objet exigeant qu'est le sabre, vous pouvez obtenir un registre gestuel auquel il est impossible d'accéder par la seule pratique à main nue. Il ne s'agit donc pas d'apprendre seulement à manier le sabre comme arme.
Cependant, seules les exigences particulières d'une école classique de sabre apportent cet intérêt pour la pratique. Il est faux de penser que l'art du kenjutsu se limite à manier un sabre en bois. La pratique du kenjutsu est la pratique de kata qui revêtent une forme rigoureusement élaborée grâce à laquelle vous pouvez accéder à un corps « capable ».
L'étude du kenjutsu nous conduit à la pratique du kodachi (sabre court), du bâton et du iaï (dégainer le sabre).

La méthode Hida

En attendant des publications sur la méthode Hida, je vous invite à lire les articles sur cette méthode que j'ai écrits dans la revue citée plus haut (s'adresser à la rédaction du bulletin.) En supposant connus ces textes, je précise ceci.
La méthode Hida dite « la voie du centre sacré » vise à activer et à renforcer la partie basse du corps en rapport avec les muscles principaux et à stimuler par ces exercices l'activité psychique. Il ne s'agit pas d'une méthode d'art martial, mais d'une méthode qui touche au fondement de l'activité physique. J'ai commencé à étudier cette méthode il y a une douzaine d'années et j'ai l'intuition qu'elle se situe là où convergent en profondeur toutes les autres méthodes que j'ai citées plus haut. Cette méthode permet donc d'améliorer les capacités physiques et mentales et une hygiène de vie en découle spontanément.
Je trouve que cette méthode condense, en profondeur, l'essence de chacune des disciplines que j'ai citées plus haut. Dans ma méthode, je la pratique comme un moyen d'intégration des techniques de combat.
Ainsi, l'application du principe de la méthode Hida m'a permis de mieux intégrer, dans une seule méthode, les éléments issus de quatre disciplines (karaté, taichi, dà chèng chuan et kenjutsu) car son principe se situe effectivement au point de convergence de ces éléments techniques. Cet ensemble n'est pas un assemblage de différentes pratiques, mais un ensemble formé par l'imbrication de l'une à l'autre selon une logique basée sur un même principe énergétique.

 


Arrivés à cette nouvelle phase, nous allons examiner notre méthode plus en détail, tout en gardant une vision d'ensemble de la pratique des arts martiaux.

Document d'archive écrit en juin 1994
par Kenji Tokitsu - publié dans Bulletin Shaolin-mon n°1

Karaté et taichi chuan de synthese de ChenConstatation, déplacement par propulsion

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