Articles de K. Tokitsu
    Texte d'orientation 1994-95
        Constatation, déplacement par propulsion

da cheng chuan, kenjutsu, Hida, XiangzhaiDéplacement par immersion, gravite et pesanteur

II - Seconde partie


Constatation

Le karaté a été introduit en France il y a 45 ans. On peut donc penser qu'un nombre considérable de personnes pratiquent le karaté depuis plus de trente ans.
Cela implique qu'aujourd'hui autour des débutants et des jeunes se trouvent des personnes ayant une expérience longue, avec ses aspects positifs et négatifs. Il existe donc des éléments suffisants pour établir une recherche comparative sur le plan de la longévité et de l'efficacité de la pratique du karaté.

 

Voici quelques observations personnelles :

  • Généralement entre 10 à 15 années de pratique, un karatéka constate des progrès en technique.
  • Lorsqu'il a plus de 20 ans de pratique, il constate une baisse de sa capacité de combat par rapport à ce qu'elle était 5 à 10 ans auparavant.
  • Après plus de 20 ans de pratique, rares sont ceux qui affirment progresser sur le plan technique et en combat libre. Même s'ils ont un niveau considérable, ils disent généralement qu'ils étaient meilleurs avant. Cette tendance est bien plus nette pour ceux qui ont pratiqué plus de 30 ans.
  • Au cours de 20 à 30 ans de pratique, se manifestent un certain nombre de traumatismes, surtout des problèmes dorsaux et articulaires, qui réduisent considérablement le dynamisme des karatékas et les conduisent souvent à l'abandon.
  • L'âge des praticiens varie de l'enfant au troisième âge, mais ceci ne signifie nullement qu'un enfant pratiquera le karaté jusqu'au troisième âge.

 

En tout cas, je n'ai jamais rencontré un karatéka qui, ayant pratiqué plus de 30 ans le karaté, puisse affirmer qu'il est meilleur aujourd'hui qu'il y a 10 à 20 ans.

Pourtant la longévité était une des caractéristiques de la tradition du karaté. Et selon la tradition du budo, on peut progresser jusqu'à un âge avancé, voire jusqu'à la fin de la vie et la capacité à combattre en est le garant. Le kendo en fournit un exemple, et pour ceux qui le pratiquent régulièrement, il est presque évident que l'adepte de 60 ans est supérieur à celui de 30 ans pour l'ensemble de ses capacités en combat. En karaté et dans d'autres sports de combat, c'est l'inverse qui se produit.
Ce qui soulève la question de l'efficacité et celle de l'énergie.

Je vais aborder ces questions avec une analyse technique, celle des déplacements les techniques permettant de diriger le corps dans un espace de combe L'étude technique de différents arts martiaux classiques m'a permis de schématiser deux principes de déplacement.

Le déplacement par propulsion

Le premier est le principe du déplacement par propulsion que nous utilisons spontanément dans toutes sortes d'activités sportives. A chaque enjambée, un sprinter donne un puissant coup au sol pour obtenir une force de propulsion. Avec des différences en degré de performance et en intensité, ce type de déplacement est présent dans toutes les activités sportives. Le caractéristique en est que vous exercez une force qui va contre celle de la gravitation pour produire un mouvement.
Comme le montrent les records des sprinters de 100 mètres, la capacité de déplacement selon le principe de la propulsion diminue avec l'âge, autour de la trentaine. En s'appuyant sur ce principe, il est donc impossible de surmonter le problème de l'âge et d'aller en augmentant l'efficacité dans la pratique des arts martiaux, même si on arrive à compenser la diminution des capacités physiques par des subtilités acquises par expérience.
On doit alors se demander si la longévité dans la tradition du budo n'est pas une mystification.

Document d'archive écrit en juin 1994
par Kenji Tokitsu - publié dans Bulletin Shaolin-mon n°1

da cheng chuan, kenjutsu, Hida, XiangzhaiDéplacement par immersion, gravite et pesanteur

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