Articles de K. Tokitsu
    Méthode Hida
        Hida: Enfance, il décide de se transformer

Hida: Religion ou méthode de formation ? Hida: L'étude solitaire

Je pense que le meilleur élément de réflexion est la lecture directe des textes du fondateur d'une méthode. C'est pourquoi je présenterai les grandes lignes des ouvrages de H. Hida avec un minimum de commentaires.

 

Harumitsu Hida est né le 25 Décembre 1883. Son père, Tatemitsu Kawaï, était médecin. Lorsqu'il avait six ans, sa mère et trois de ses frères et soeurs moururent de maladie et, lui-même, était très fragile et maladif.

Voici comment il se présente dans ses écrits.

 

Enfance

« J'étais le huitième enfant d'une famille à la vie peu lumineuse. Mon père avait déjà 50 ans à ma naissance et ma mère, âgée, manquait de lait... J'étais très fin, avec un visage et aussi une démarche de fille. En jouant, les autres enfants me portaient souvent sur leurs dos car j'étais très léger. Les invités de la maison me demandaient souvent si j'étais une fille. Mes os étaient fins et ma peau était pâle, sèche et sans graisse. C'est pourquoi on me mettait souvent de l'huile sur tout le corps...

C'est ainsi que la mort s'apprêtait à venir me chercher, comme mes frères et soeurs. Quand j'avais six ans, j'ai été atteint du typhus qui a provoqué une pneumonie et de l'asthme accompagné de violentes diarrhées. Avec 40 de fièvre, j'étais tellement affaibli que les médecins ont déclaré mon cas sans espoir.

Mon père, qui avait perdu un fils la même année, était au bord du désespoir. Le jour de la fête des morts approchait. Il a dit : « J'aimerais qu'il survive, ne serait-ce que pour ces trois jours, afin de passer la fête des morts avec lui. ». Je ne suis pas mort, mais j'avais littéralement la peau sur les os...

J'ai été continuellement malade pendant toute mon enfance et je me suis familiarisé avec toutes sortes de médicaments. Mon système digestif était fragile, j'avais en permanence des migraines et des étourdissements, je m'enrhumais tout le temps. L'espace de ma vie était un lit de malade. L'image de mon enfance est celle d'un garçon qui n'a que la peau sur les os, et se met tristement debout en rétrécissant son corps misérable dans le vent froid. Quelle sombre enfance !...

Plus tard, mes camarades m'ont surnommé « feuille de roseau », je n'étais pas capable de me révolter contre un surnom aussi humiliant. Je n'avais qu'à l'accepter et, quand c'était trop pénible, je partais sans me faire remarquer... Mes biceps n'étaient pas plus gros que mes poignets, j'avais honte de mon corps. Je soupirais en pensant que mon corps ne pouvait pas supporter le moindre effort. J'ai été effectivement une « feuille de roseau » ... ».

 

Il décide de se transformer

A dix-huit ans, la conscience de sa fragilité désespérante va faire naître en lui la décision de transformer son propre corps.

« J'ai commencé un jour à penser à mon avenir, à mon destin social, j'ai eu peur et ai commencé une autocritique. Je me suis dit : « Hé ! Harumitsu, qu'est-ce que tu vas faire en étant si nul ! Un peu de froid et tu es déjà enrhumé. Tu manges un peu et tu as déjà mal au ventre, puis une diarrhée. Tu marches un peu et tu es fatigué. En dormant, tu n'as que des cauchemars. Quel intérêt y a-t-il à vivre de cette façon ? Quelle triste vie que tu mènes, la seule chose à laquelle tu es bon est de nourrir la terre de ta tombe. »

Cette pensée horrible m'a traversé le coeur et un grand tourbillon s'est élevé dans ma poitrine si opprimée par un sentiment d'infériorité...

Au fond de moi-même, j'ai voulu obtenir une bonne santé et un corps robuste, comme un assoiffé désire boire. Je ne voulais pas obtenir une bonne santé seulement pour n'être pas malade mais je voulais devenir fort, vraiment fort, afin de pouvoir faire quelque chose courageusement pour les autres. Ce désir était une détermination dans laquelle je m'investissais tout entier, ce qui m'a permis finalement de transformer mon corps et mon esprit. C'était au mois d'avril de l'année 1900, j'avais 17 ans...

Les plantes grandissent comme une flamme en été, l'automne arrive, puis l'hiver, elles se rétractent sous la neige. Pourtant elles vont se réjouir du soleil dès l'arrivée du printemps. Mais si la neige les couvrait lourdement durant quatre ou cinq années, ces plantes mourraient toutes. Est-ce que mon corps n'est pas semblable à ces plantes recouvertes trop longtemps de neige pour pouvoir repartir au printemps ? Ma vitalité ne s'est-elle pas complètement étiolée ? Si, dans ces conditions, je fais des exercices, je risque de me détruire complètement. Comment faire alors ? Eh bien ! Il suffit que je meure...

Dans mon état, il n'y a que deux solutions : ou je gagne ou je meurs. C'est l'honneur de l'homme de mourir en tentant de réaliser son but. C'est ainsi que j'ai fait le premier pas...

J'ai pensé qu'il fallait acquérir une base solide pour ma démarche. Je devais donc connaître la structure du corps humain. Pour cela, j'ai rassemblé les livres d'anatomie et de physiologie de la bibliothèque de mon père. Je me suis plongé dans la lecture de ces livres que j'ai lus avec respect, comme un chrétien lit la Bible..., car il s'agissait d'ouvrages déterminants pour mon existence en ce monde...

En étudiant les fonctions internes du corps, des organes et des viscères, j'ai été profondément frappé par le mystère de la vie qui existe dans la nature. Avec une surprise et une profonde admiration, j'ai dû reconnaître l'oeuvre divine et j'ai acquis la conviction qu'il existe un rapport étroit entre la croyance et la science.

Apprendre ce que sont le métabolisme et le renouvellement des cellules m'a particulièrement encouragé. Le corps humain n'est pas comme une statue en pierre ou de caoutchouc, il fonctionne activement et est capable de se renouveler. Si je réussissais à développer correctement cette capacité vitale immanente, j'étais sûr de pouvoir transformer complètement l'état actuel de mon corps, si lamentable et si laid. Si les cellules de ceux qui sont en bonne santé se renouvellent au bout de 7 ans, je mettrai 10 ans pour sortir de ma situation de faiblesse. Je mettrai 15 ans pour arriver à l'état d'un corps ordinaire et en persévérant pendant 20 ans, en y investissant ma vie, je pensais pouvoir dépasser le niveau ordinaire. Au printemps, un prunier fleurira d'autant plus parfumé qu'il a traversé un hiver plus sévère. L'émotion de cette décision m'a fait monter les larmes aux yeux...

Lorsque j'ai lu la phrase : « Une exquise odeur de prunier printanier se forme, justement parce qu'il a traversé la sévérité de l'hiver sous la neige. », j'ai été ému jusqu'aux larmes. Il me faut de la patience et des efforts soutenus ! Mon chemin est certainement long et difficile. Je dois devenir comme une fleur de prunier. Patience et effort ! ! ». ».

Document d'archive écrit en ???
par Kenji Tokitsu - publié dans les Editions Shaolin-mon (©Tokitsu-ryu)

Hida: Religion ou méthode de formation ? Hida: L'étude solitaire

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