Avertissement
Ce texte est strictement à usage interne. Je l'écris pour les élèves avec lesquels je pratique régulièrement.
Ce texte est fait pour aider à la pratique, il vient en complément de celle-ci pour l'éclaircir davantage et inviter à la développer.
Je vais directement au plus important, sans discuter des points qui pourraient être polémiques, mais constituent des bases d'accord à l'intérieur de l'école.
I- Première partie
Plus de trois années se sont écoulées depuis que j'ai écrit le texte d'orientation intitulé : « le triangle de Shaolin-mon ». Depuis, la parution du bulletin a été interrompue, ce qui est dû principalement à la nécessité d'une nouvelle structuration de l'école, consécutive à l'évolution de mes recherches. Aujourd'hui, une dynamique s'est formée autour des élèves parisiens qui prennent l'initiative de la publication d'un nouveau bulletin. Quant à moi, durant ces dernières années, j'ai parcouru un itinéraire passionnant avec des obstacles. La recherche n'était pas facile et les efforts paraissaient parfois gratuits. Cependant, avec le recul du temps, il ne me reste que des bons souvenirs. Je dois surtout remercier mes élèves qui m'ont suivi avec confiance, car leur présence a été pour moi la plus grande source d'encouragement lorsque je me suis trouvé dans l'obscurité sur le chemin de recherche.
Certains peuvent se demander, pourquoi dois-je rechercher ? Qu'est-ce qu'une recherche ?
Depuis le jour où j'ai osé douter de la valeur de l'enseignement qui m'était transmis dans la voie du karaté, la recherche m'a imposé des chemins épineux. Si vous vous contentez de suivre un chemin tracé d'avance, votre effort consistera principalement dans la manière de le suivre. Mais si vous mettez en cause la valeur de ce chemin, il vous faut le chercher ailleurs ou le tracer vous-même avant de le suivre. Ce n'est pas une entreprise facile. Il est impossible de réussir ce travail sans avoir les outils nécessaires et les éléments adéquats : connaissances historiques et pratiques des différents arts martiaux et des particularités de leurs méthodes. C'est ce que j'ai cherché à acquérir.
Je crois avoir franchi aujourd'hui une des étapes, c'est-à-dire que je navigue dans un calme relatif et vois clairement comment je dois continuer dans cette immense étendue. Je suis en mesure d'expliciter cette nouvelle perspective et ses éléments de travail. Mais qui sait, un jour, elle pourrait être couverte à nouveau par les nuages du doute ? Je devrais alors en sortir de nouveau. Telle est la voie de l'investigation pour celui qui choisit cet itinéraire.
Voici succinctement comment je conçois aujourd'hui la méthode de notre école.
Les éléments de la pratique
Les éléments qui forment la pratique de l'école sont le karaté, le taichi chuan, le dà chèng chuan, le kenjutsu (l'art du sabre classique japonais) et la méthode Hida. L'intégration profonde de ces méthodes est la caractéristique de l'école. Cependant, en fonction de leur personnalité et de ce qu'ils cherchent, les élèves peuvent privilégier une discipline dominante qui s'enrichit alors de l'apport méthodologique des autres. Par exemple, vous pouvez pratiquer principalement le taichi ou le karaté tout en bénéficiant des apports des autres disciplines sur les plans technique et énergétique.
Le karaté est la trame de base pour la plupart des élèves. Cependant, depuis quelques années, l'école compte de plus en plus de personnes dont la formation a été acquise dans notre école ou dont la formation de base est autre que le karaté. Je considère que cette diversité des points de départ est positive pour une école comme la nôtre.
Document d'archive écrit en juin 1994
par Kenji Tokitsu - publié dans Bulletin Shaolin-mon n°1