sante et longevite, age formation developpement personnel et efficacite performance
découvrir     proche de chez vous


 
Articles de K. Tokitsu
    Arts martiaux : dictionnaire de la civilisation japonaise
        kendo : combat guerriers de sabre frappe adversaire après avoir gagné

kano, fondateur du judo techniques projection éducation physique arts martiauxtechniques combat aikido naginata judo jujutsu sabre école daito ryu

Le « kendo »

A l'époque d'Edo, le sabre est le symbole par excellence des guerriers, qui le pratiquent sous des appellations telles que gekiken ou kenjutsu. Avec l'abolition de l'ordre des guerriers en 1872, l'art du sabre se voit tout d'abord profondément déconsidéré. Les anciens guerriers acceptent mal l'institution d'une armée de conscrits formée sur le modèle de l'Occident. Lorsque cette armée se trouve en difficulté lors de l'insurrection des guerriers du sud du Japon en 1878, c'est un groupe d'adeptes du sabre de la direction de la police venu en renfort qui contribue à sa victoire, événement qui restaure l'image de cette discipline. Les meilleurs adeptes du sabre, anciens guerriers sans emploi, sont engagés comme instructeurs dans la police. Autour de la direction de la police de Tokyo surgissent plusieurs centres d'entraînement (dojo). En 1895 se crée à Kyoto une association, Butokukai (« Société de la vertu martiale »), qui contrôle la qualité des arts martiaux et confère les titres et les grades les plus élevés. Elle donne naissance, en 1905, à une école supérieure de budo où l'on enseigne principalement le judo et le kendo. Ces disciplines en viennent à occuper une place importante dans l'éducation physique et spirituelle des militaires. En 1911, enfin, l'art du sabre et celui de la lutte sont introduits à titre d'option dans l'éducation physique des lycées. C'est seulement en 1925 que les textes officiels utilisent pour ces disciplines les appellations de kendo et judo.

Le kendo se pratique aujourd'hui avec une armure de protection et un sabre en bambou (shinai). Traditionnellement, on s'entraînait à l'art du sabre sans armure, tantôt avec un sabre en bois (bokuto ou bokken), tantôt avec un vrai sabre à la lame émoussée. L'entraînement consistait principalement en exercices techniques codifiés (kumi-tachi). Pour se rapprocher de la situation réelle du combat, on portait les coups avec une grande force en les arrêtant juste avant de toucher, ce qui exigeait une forte concentration, les accidents étant fréquents. C'est au début du XVIIIe siècle que Naganuma Shirozaemon, de l'école Jikishinkage-ryu, introduit les armures de protection et le sabre en bambou afin de permettre une plus grande liberté dans l'élaboration des techniques. Naganuma peut, en ce sens, être considéré comme un lointain fondateur du kendo.

 

Les attaques sont accompagnées d'un cri (kiaï) qui indique en même temps la partie du corps visée. Cet usage est une tradition ancienne et a pour but, lors de l'entraînement, de manifester que la perception d'une faille chez l'adversaire précède le geste de l'attaque. Une frappe aléatoire est considérée comme sans valeur ; il faut frapper avec volonté et certitude. Seules quatre parties du corps sont l'objet d'attaque la tête, le flanc, les poignets et la gorge, l'endroit le plus difficile à atteindre mais le plus déterminant. Une attaque correcte exige une intégration simultanée de la volonté (ki), du coup de sabre (ken) et de la posture (tai). Sans cette intégration, aucun coup n'a de valeur, même si l'adversaire est touché.

 

Le combat se déroule donc dans un cadre très limité. La frappe parfaite doit être guidée par une perception affinée. Il faut percevoir ou créer l'instant vulnérable chez l'adversaire avant de porter une attaque, conformément au précepte « ne gagne pas après avoir frappé, frappe après avoir gagné ».

C'est pourquoi, au plus haut niveau du kendo, le combat le plus important se déroule avant que ne soient portés les coups : les deux adversaires tentent chacun de créer un vide dans la perception de l'adversaire et d'y pénétrer, chacun demeurant présent sans faille. Le kendo requiert un travail mental dont l'importance augmente au fur et à mesure que l'on progresse dans cette voie. Reconnaître que l'on est touché est une phase importante de l'apprentissage : l'adepte remercie l'adversaire de lui avoir fait sentir son point de vacuité. Les critères du combat sont donc intériorisés sans qu'il soit attaché d'importance aux touches superficielles. On cherche « le coup qui résonne au coeur ». Aujourd'hui, l'internationalisation des compétitions sportives entraîne une tendance à l'extériorisation des critères, ce qui amène à porter rapidement, à partir d'une distance plus longue, des coups même superficiels au lieu de chercher une plénitude dans la frappe. Deux types de kendo sont en train de se différencier : l'un attaché aux compétitions et l'autre à la tradition.

 

Le kendo est, avec le tir à l'arc, l'art martial qui permet de continuer la pratique jusqu'à l'âge le plus avancé tout en maintenant un niveau élevé, voire en progressant. Aujourd'hui, de nombreux adeptes âgés de plus de quatre-vingts ans font, lors des rencontres, la preuve de leur haut niveau dans des exercices de combat libre. Car, dans l'optique traditionnelle, perfectionner le kendo implique un équilibre et une intégration du corps et de l'esprit qui le font considérer comme une formation globale de la personne.

Document d'archive écrit en 1994
par Kenji Tokitsu - publié dans le dictionnaire de la civilisation japonaise - Hazan

kano, fondateur du judo techniques projection éducation physique arts martiauxtechniques combat aikido naginata judo jujutsu sabre école daito ryu

audité par