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Bulletin de liaison Shaolin-mon n°3 |
Cet article pour le Bulletin du Shaolin Mon m'a été inspiré par un texte écrit par le Moine Zen et professeur de Jiu Jitsu Roberto Kengaku Pinciara, texte tiré d'un enseignement Zen intitulé « KYO GE BETSU DEN », littéralement :
« Avec quel esprit pratiquons-nous quelque chose, n'importe quelle chose ».
Ces réflexions que je portais au fond de moi-même depuis longtemps ce texte de Roberto Pinciara, les ont ramenées en surface.
Quel esprit mettons-nous dans nos actions ?
Il existe un principe que l'on peut appliquer à toutes les choses de notre vie quotidienne, chaque choix que nous faisons le contient, mais dans le dojo surtout ce principe est important, fondamental.
Certains pratiquent l'art martial pour soigner leur propre physique, d'autres pour se sentir plus sûrs, d'autres encore pour bouger en peu... tout va bien c'est toujours mieux que rester sur un fauteuil, mais pour pénétrer le vrai esprit, la force intérieure et l'art des Maîtres, cela n'est pas suffisant: si on ne pratique pas avec assiduité et concentration on reste toujours faibles.
Dans le dojo, il faut continuellement gagner sur soi-même, vaincre sa propre paresse, l'arrogance, la peur, la timidité, l'ego, l'individualisme: à la fin c'est son propre esprit négatif qu'il faut tuer. C'est seulement ainsi que l'on peut progresser au-delà d'une certaine limite. Se forger soi-même signifie ainsi répéter continuellement les mêmes techniques ; mais avec quel esprit les répétons-nous ?
On ne doit pas répéter comme des idiots. Cela m'est arrivé plusieurs fois... Comprendre comment abandonner l'esprit et le corps dans la répétition, avoir la conscience des propres actions au travers du corps et non seulement au niveau mental, c'est la voie correcte, mais elle est très difficile : il faut beaucoup d'années de sacrifice et de concentration. L'embûche du découragement est toujours présente.
Il y a des périodes dans lesquelles il nous semble que tous les efforts sont inutiles et qu'au lieu de progresser on recule, mais c'est précisément lorsqu'on rentre en crise avec soi-même que le niveau monte. Parfois il suffit d'observer le comportement des pratiquants plus anciens, de se confier aux amis ou à son professeur pour que la crise disparaisse comme par enchantement.
Même en faisant du sport on peut forger son corps au travers de la fatigue, du sacrifice, de la persévérance; mais arrivé à un certain âge l'on s'arrête, l'on recule; les médailles et les coupes restent seulement de beaux souvenirs. Si au contraire nous pratiquons l'art que Tokitsu Sensei nous enseigne, nous pourrons progresser toute notre vie!
A mon âge (54 ans), dans les écoles de type Shotokan, il est difficile de récupérer l'énergie et de poursuivre. Depuis que j'ai commencé à pratiquer Shaolin Mon avec Tokitsu Sensei, je ressens une nouvelle énergie qui coule dans mon corps, chaque fois que j'ai la chance de rester à côté de lui je sens qu'il me transmet d'immenses valeurs. Dans son école j'ai trouvé ce que je cherchais depuis longtemps, je récupère bien les énergies et sens que mes actions sont de plus en plus fluides. A mon avis c'est la preuve que si nous pratiquons l'art martial dans la bonne école et avec l'esprit correct, nous pouvons progresser toute la vie.
Document d'archive écrit en novembre 1986
par Giuseppe Figini (élève de Me Tokitsu) - publié dans Bulletin de liaison Shaolin-mon n°3
