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Articles de K. Tokitsu
    Etude sur les maîtres du sabre japonais - Musashi-4
        sabre japonais de Musashi omoté et cinq formules techniques combat

trajet du sabre de Musashi déplacer d'un pas, deux piedssabre : l'adversaire attaque deux sabres garde bas attaque et imai

Avant l'époque Edo, on posait souvent ainsi le tachi

Avant l'époque Edo, on posait souvent ainsi le tachi

L'anecdote suivante donne une idée de la frappe de sabre de Musashi et aussi de son attitude à l'égard du combat au cours de la seconde moitié de sa vie.

Un jour Musashi fut accueilli par le seigneur Shimamura à Kokura dans l'île de Kyushu. Au cours de leur conversation, un serviteur vint annoncer à Musashi qu'un samouraï nommé Aoki souhaitait être reçu par lui. Celui-ci fut introduit. Après un échange de politesses, Musashi lui demanda « Quel est ton avancement dans le hyôho ? » Aoki répondit : « Je persévère tout le temps ». La conversation se poursuivit et Musashi lui dit : « Tu peux déjà enseigner dans la plupart des dojo. ». Aoki en fut très heureux. Au moment où il allait se retirer, Musashi s'aperçut qu'il transportait un bokken (sabre en bois) dans un joli sac en tissu auquel était attachée aussi une protection d'avant-bras en cuir rouge (udé-nuki), et demanda: « Quel est cet objet rouge ? » Aoki, un peu gêné, répondit : « C'est ce que j'utilise lorsque je suis forcé de combattre au cours de mes voyages dans différentes seigneuries » et il montra son grand bâton à la poignée duquel était attachée la protection. L'humeur de Musashi changea tout d'un coup et il dit : « Tu es un imbécile. A ton niveau, tu es encore loin de pouvoir songer au combat de hyôho. Je t'ai complimenté tout à l'heure parce que j'ai pensé que tu pourrais être un bon professeur pour les débutants. Si quelqu'un te demande de combattre, ce que tu as de mieux à faire est de partir immédiatement. Tu es encore loin du combat de hyôho ». Musashi fit alors appeler un enfant qui commençait l'apprentissage du hyôho. Il colla un grain de riz au départ de ses cheveux coiffés en chignon et lui ordonna de se tenir debout, immobile. Musashi se leva alors, prit son sabre et l'abaissant d'un coup, de haut en bas, il fendit avec précision le grain en deux et le fit voir à Aoki. Puis il recommença, trois fois en tout. Tout ceux qui étaient présents en furent impressionnés mais Musashi dit : « Même avec une technique aussi assurée, il est difficile de vaincre un ennemi ; il est hors de question, à ton niveau, de parler de combat ». Vraie ou non, cette anecdote illustre la réputation d'extrême précision qu'avait le sabre de Musashi. L'exemple du grain de riz rend plus concret ce que Musashi indique dans son texte par le trajet ou la voie du sabre ; la trajectoire doit être d'une extrême précision et aller de pair avec un ajustement de la puissance du coup à la nature de l'objet à trancher.

Le second élément à retenir est la prudence de Musashi et la gravité avec laquelle il envisageait le combat.

Les cinq formules techniques de Miyamoto Musashi

Les cinq formules sont aujourd'hui reprises dans un kata de l'école de Musashi qui se pratique à deux. Il s'avère qu'il existe pour chacune des cinq formules des différences entre la description donnée dans la « Gorin no sho » et l'exécution que Me Imaï, dixième successeur de Musashi, en fait aujourd'hui dans le kata.

Je prévois un voyage de recherche au Japon au mois d'avril et pense, au cours de ce voyage, lors d'une rencontre avec Me Imaï, lui demander à quel moment de la transmission ces différences sont apparues.

Les cinq formules techniques.

J'ai retenu le mot français formule pour traduire le terme « omoté » employé par Musashi pour désigner les formes au travers desquelles il communique l'essentiel de sa technique de combat. Le terme « omoté » est souvent utilisé dans les différentes disciplines des arts martiaux japonais. Le sens littéral du mot « omoté » est la surface, l'extérieur, la figure extérieure, d'où ce qu'on voit ou montre à l'extérieur, la façade ; par extension, ce mot a pris le sens de formule.

La façade est quelque chose d'officiel car elle est et doit être présentable vis-à-vis de l'extérieur, du public. Ainsi en budo « omoté » désigne des techniques ou le mode d'action caractéristique d'une école. Si « omoté » est la surface, il y a toujours ce qui est caché derrière cette apparence. Dans la culture japonaise, à tout « omoté » correspond un « ura » : l'arrière ou le caché. Et le secret d'un art n'est pas transmissible par les seules formules visibles, la transmission s'appuie sur ce qui n'est pas visible de l'extérieur « ura ». Lorsque l'apparence risque d'être trop éloquente ou lorsqu'il y a concurrence entre écoles, les adeptes d'un art constituent des codes de transmission et de pratique complexes sur le mode du « omoté » et du « ura », qui est une version japonaise de la conception de yin (négatif) et yang (positif) . Ainsi, ces doubles faces sont en usage dans les écoles d'arts martiaux mais la notion de « ura », partie cachée de l'art y est ou y a été souvent mystifiée pour des raisons diverses. Musashi, avec son esprit pragmatique, indique dans les passages suivants du « Rouleau de l'eau » l'essentiel de son école sans mystifier et dans un langage simple. Toutefois, comme il l'ajoute à la fin de chaque paragraphe, il faut bien examiner et s'entraîner car il est impossible de transmettre complètement la pratique d'un art dans un écrit même simple et sans prétention. Voici les cinq formules techniques essentielles telles que les décrit Musashi.

Document d'archive écrit en 1986
par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui

trajet du sabre de Musashi déplacer d'un pas, deux piedssabre : l'adversaire attaque deux sabres garde bas attaque et imai

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