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Articles de K. Tokitsu
    Les accidents musculaires des sportifs
        Les accidents musculaires des sportifs


Bulletin de liaison de l'école shaolin-mon karaté-do

Bulletin de liaison Shaolin-mon n°5

Le sport est responsable d'un éventail de lésions musculaires de gravite très variable. Dans huit cas sur dix ce sont le membres inférieurs qui son atteints. En pratique, l'essentiel est de détecter la présence ou l'absence de lésions anatomiques sur l'interrogatoirie, l'inspection, la palpation, et le recours à des examens complémentaires comme la thermographie et surtout l'échographie.

1- Comment surviennent les lésions musculaires du sportif ?

a) Par traumatisme direct :
Les contusions, provoquées par un choc direct, soit entre individus, soit par un objet dur, sont plus ou moins graves selon la violence du traumatisme et l'état fonctionnel du muscle au moment de l'impact (un muscle en état de contraction semblé plus vulnérable). Deltoïde, intercostaux, muscles de la sangle abdominale, quadriceps (béquille), tenseur du fascia lata et triceps sural sont les plus touchés. Ces contusions vont du simple écrasement des fibres musculaires avec effusion sanguine et oedème réactionnel, aux véritables déchirures avec dégâts aponévrotiques et importante hémorragie intra-muscolaire.

b) Par traumatisme indirect :
Elles sont très spécifiques de l'activité sportive. Si les causes déclanchantes restent imprécises parfois, ou retrouve bien souvent des facteurs favorisants pouvant faire l'objet d'une prévention: absence ou erreur d'entraînement ou d'échauffement, non respect des règles hygiéno-diététiques. L'accident survient dans des conditions précises :

  • impulsion, réception ou rotation brusque,
  • accélération, décélération ou blocage brutal,
  • coups et torsions dans des axes ou amplitudes mal contrôlés,
  • changements de direction trop vifs dans l'exécution d'un mouvement.

Ischio-jambiers, quadriceps, adducteurs, triceps sural et couturier sont les plus atteints.

 

 

2- Quels sont les divers types de lésions ?

a) Il peut s'agir de lésions SANS atteintes anatomiques, qui sont d'évolution simple et de courte durée.

  • crampe : contraction musculaire in volontaire, résolutive en quelques secondes on minutes, apparaissant souvent chez le sportif dans le cas de surmenage local, favorisée par la fatigue et le froid.
  • contracture : contraction exagérée avec tétanisation du muscle non résolutive.
  • élongation : résultant de l'étirement excessif d'un muscle qui dépassé ses limites d'élasticité.


b) Ou de lésions avec atteinte anatomique:

  • claquage : rupture partielle de quelques myofibrilles,
  • déchirure : claquage majeur avec tous les intermédiaires possibles. Il importe surtout de détermine le volume de l'hématome et sa situation intra musculaire.
  • rupture : véritable "fracture" musculaire dont le traitement est souvent chirurgical.

3- A l'examen du sportif, comment différencier les lésions musculaires ?

a) Les contusions qui sont provoquées par choc direct:

  • soit elles sont bénignes, la douleur est minime et retardée, permettant la poursuite de l'effort.
    Le muscle est d'aspect normal, la douleur est localisée, réveillée par les mouvements contrariés.
  • soit elles sont gravées, la douleur est brutale entraînant un arrêt de l'activité. On retrouve une douleur vive, exquise ou étendue.

Tous les mouvements actifs sont douloureux. Une ecchymose apparaît quelques jours plus tard et l'évolution peut se faire vers l'organisation de l'hématome.


b) Les contractures entraînent une gêne musculaire, parfois retardée, permettant la poursuite de l'activité. Le muscle contracte est douloureux au palper et parfois aux manoeuvres d'étirement et de mise en tension isométrique.


c) Dans l'élongation la palpation retrouve un cordon myologique. La douleur semble disparaître au repos.

d) Le claquage (= lésion anatomique) se traduit par une douleur brutale dans le corps du muscle au cours de l'effort et entraîne son arrêt imédiat. L'étirement passif du muscle et sa contraction isométrique sont très douloureux. La palpation permet de découvrir une zone musculaire de petite taille, indurée et exquisement douloureuse.
Si la lésion est superficielle ou interstitielle une ecchymose apparaît en quelques jours. Elle constitue un élément de bon pronostic. Si la lésion est profonde, intramusculaire, l'hématome ne diffuse pas, l'ecchymose manque et l'évolution se fait parfois vers l'organisation de la collection. Le claquage se voit surtout au niveau des ischio-jambiers et du jumeau interne.


e) La déchirure et rupture : ici il existe un bruit de claquement surajoute.
En quelques heures apparaît une tuméfaction importante de la région qui peut masquer l'encoche palpataire des fibres, mais la contraction isométrique accentue cette encoche et fait apparaître une tuméfaction globuleuse au-dessus de la brèche.

 

 

4- Quels examens demander ?
a) La thermographie : permet de détecter les lésions anatomiques, d'en apprécier le type et de suivre leur évolution. Les claquages donnent un petit foyer thermique tandis que les déchirures se manifestent par une grande poussée thermique durant les premiers jours. L'hyperthermie se maintient une dizaine de jours. Sa persistance prouve que la cicatrisation n'est pas obtenue et doit faire différer la reprise.


b) L'échotomographie est le seul examen permettant d'authentifier avec certitude les lésions anatomiques. Il objective en effet la lésion anatomique mais aussi les phénomènes congestifs et fluxionnaires associés. C'est par ailleurs un excellent moyen de surveillance des lésions, permettant de dépister des hématomes persistants et organises sous forme de kystes, ou de montrer des zones témoignant de noyaux fibreux cicatriciels.

 

5- Conclusion :

Les lésions aiguës musculaires du sportif sont fréquentes. La gravite de leur atteinte n'est pas toujours bien établie par le médecin qui n'a, à sa disposition que l'interrogatoire et l'examen clinique. L'échotomographie est venue apporter une nouvelle classification des lésions. Elle est souvent indispensable pour fixer un pronostic de récupération et pour choisir la thérapeutique.
Etant données les limites rédactionnelles que je dois m'imposer, je me propose de ne traiter l'évolution de ces troubles, leur prévention et leur traitement que dans un prochain bulletin de liaison.

Document d'archive écrit en novembre 1986
par Charles Attuil (élève de Me Tokitsu) - publié dans Bulletin de liaison Shaolin-mon n°3


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