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Articles de K. Tokitsu
    Méthode Hida
        Hida: Zen et méthode Hida, difficulté de transmission

Hida: Convergence entre principe du sabre et méthode HidaHida: Renforcement traitement

Le zen et la méthode Hida

H. Hida écrit qu'à partir du moment où il parvient à la maîtrise du centre de son corps, l'état de son corps et de son esprit correspond à celui qui est recherché en zen. Il rencontre alors des adeptes et des maître de zen. Voici ce qu'il raconte :

« Un jour, par l'intermédiaire de mon ami le moine Asaka, une vingtaine de moines zen sont venus me voir. A leur demande, j'ai donné des explications sur le rapport entre la force du centre et le zen. Ils étaient tous émus par mon discours... J'ai demandé à mon tour : « Pouvez-vous me montrer votre zazen ? ». Ils ont immédiatement accepté ma demande et ont pris la posture de méditation en zazen. En les regardant, j'ai été surpris, car aucun n'était assis en reposant sur son véritable centre. Je leur ai dit : « Avec cette manière de faire le zazen, vous n'avez pas la poitrine vide, ni la tête légère. Vous ne pouvez pas entrer dans l'état de vide et de non pensée, n'est-ce pas ? ». J'ai posé la même question à chaque moine. Tous m'ont répondu honnêtement qu'ils n'y arrivaient pas. J'ai pensé que, pour atteindre l'état de véritable centre par le zen, il fallait le pratiquer en s'y investissant totalement durant 20 ou 30 ans.

J'ai alors voulu savoir comment un véritable maître pratique le zazen ... Mon frère aîné m'avait parlé du maître zen lida. Je lui ai rendu visite et demandé de m'instruire en zazen... Il a pris la position du zazen, et je me suis assis en face de lui en le regardant avec l'intention d'aller jusqu'au fond de son esprit. Légèrement, le buste du maître est remonté jusqu'à l'instant où son centre de gravité et le centre de support de son corps se sont superposés. Juste à cet instant, son corps s'est immobilisé comme une montagne. Il n'y avait aucune faille dans sa posture. C'était vraiment extraordinaire ! J'étais profondément ému de voir devant moi le résultat de 40 ans de zen... J'ai salué en baissant profondément la tête et dit : « J'ai très bien compris, je vous remercie. Je voudrais vous montrer quelques exercices de ma méthode qui vise à renforcer le corps. ». Le maître est allé chercher ses disciples en disant : « Ce serait dommage d'être le seul à vous regarder. ».

Je me suis assis à ma façon et à l'instant où j'ai frappé sur mes genoux, il a dit : « Ceci est semblable à un sabre, capable de pourfendre sans sortir de son fourreau, il s'accroche sur le ciel et sa lame est froide. ». Puis j'ai pris tranquillement ma posture et en remplissant de force le centre sacré, avec le regard perçant. Le maître me regardait avec un air sérieux en penchant le corps en avant et il a poussé plusieurs fois une exclamation. Lorsque j'ai terminé, il m'a dit : « C'est exactement la fusion avec la voie. La voie vivante qui ne mourra jamais. Il ne s'agit pas d'une méthode de bonne santé, car la santé est mortelle, tandis que la vôtre est la voie éternelle. Le véritable zen mobile, le zen par l'exercice physique... Il faut absolument que vous transmettiez votre méthode par des écrits. C'est un trésor pour l'humanité... C'est dommage que vous soyez toujours à la campagne. ».

Je lui ai répondu alors :

« Je n'ai pas l'intention de la transmettre. Je ne veux être le maître de personne, je ne veux avoir aucun disciple. Je n'ai donc pas de dojo d'enseignement, ni d'association. Aujourd'hui, je ne fais presque plus de conférences. Je suis dans cette voie de recherche depuis plus de 30 ans et, pendant cette période, j'ai enseigné 2 ans seulement sur la demande du Docteur Katô... ».

Nous avons parlé comme si nous nous promenions dans une vallée en suivant le cours d'un ruisseau, et aussi comme des nuages blancs se meuvent dans le ciel. Notre conversation nous donnait parfois l'impression d'aller sur l'immense étendue blanche du pôle nord. J'ai profondément aimé ce vieux Maître et je savais aussi qu'il m'aimait... Au moment du départ, le Maître m'a accompagné à pied sur le long chemin, jusqu'à la station de bus. Il m'a dit : « Merci de votre visite, j'ai beaucoup appris. Bonjour à votre frère. Et surtout j'attends votre prochaine visite. ». Je lui ai répondu : « Maître, nous ne nous reverrons plus jamais. Je vous souhaite une bonne santé. ». « A vous aussi, alors. ».

La difficulté de la transmission

Pour H. Hida, la pratique de sa méthode est devenue la recherche de la vérité dans sa vie. C'est pourquoi il ne la recommandait à personne et il refusait le plus souvent d'enseigner à ceux qui le lui demandaient. Il semble avoir écrit ses ouvrages afin de laisser des traces de ses recherches et de témoigner des faits pour que les autres puissent éventuellement bénéficier de ses découvertes. Il avait pris un écart par rapport à la transmission directe. Il écrit :

« Je n'ai jamais recommandé la pratique de ma méthode à personne, ni même à aucun membre de ma famille. Je m'exerce chaque matin dans un coin de la maison et personne dans ma famille ne pratique ma méthode... Pourquoi est-ce que je ne la recommande à personne, pourquoi est-ce que je n'enseigne pas une telle voie de bonheur ? Parce que dans cette voie, nul ne pourra atteindre l'objectif, s'il ne commence pas par une brûlante passion qui jaillit de lui-même. Je ne veux pas l'enseigner à ceux qui n'iront même pas à mi-chemin. Je sais qu'on peut critiquer mon attitude. Je sais aussi qu'il est regrettable de ne pas appliquer ce bien à différents objectifs positifs mais, lorsque j'ai compris la difficulté et la profondeur qui seront ouvertes par la compréhension du centre sacré, j'ai perdu toute envie de la communiquer aux autres. Chaque personne a en elle un univers autour du centre de son corps. Cependant il faut des qualités et des efforts justement dirigés par une méthode pour vivifier ce trésor de la vie. Même si on a du talent, sans effort ce trésor ne brillera pas. Le plus important est donc une seule chose : est-on ou non capable de conduire son esprit pour continuer cet effort dans une direction juste ? Sans cette condition rien n'est valable (...)

Le colonel X est un ami intime. Il m'a demandé de lui apprendre ma méthode. Je lui ai répondu : « Non, ce n'est pas possible, car vous n'avez pas de dispositions pour cette méthode. ». Ce qui nous a fait rire... Le rapport personnel et la communication de la méthode sont deux choses distinctes. C'est pourquoi, même à un ami, même à ma famille, je ne peux pas la transmettre, sans que la personne témoigne des dispositions requises... C'est ainsi que j'ai pénétré seul dans la voie du centre sacré et, afin de poursuivre cette recherche, j'ai refusé toute autre profession publique ou privée, et je n'ai jamais formé de groupe... C'est le ciel qui est mon maître et j'étudie à travers la nature, je marche sur la voie du centre sacré ; mon plaisir est le travail de la terre et une nourriture frugale. »

 

A partir du régime alimentaire qu'il a conçu spontanément au cours de la pratique de sa méthode, H. Hida établit une méthode de soin diététique appelé « Tenshin-ryôhô ». Elle consiste principalement de prendre des repas simples de riz complet ou de blé avec des légumes et de l'eau fraîche, à prendre le soleil et à effectuer des exercices de renforcement du centre sacré.

Document d'archive écrit en ???
par Kenji Tokitsu - publié dans les Editions Shaolin-mon (©Tokitsu-ryu)

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