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Articles de K. Tokitsu
    Méthode Hida
        Hida: Premier résultat

Hida: L'étude solitaireHida: Un homme mûr, jeune

Premier résultat

« Rien n'est si extraordinaire qu'un acte effectué avec une détermination vitale ; la sincérité ultime est capable de toucher le ciel. J'ai réussi à atteindre mon premier objectif.

Car l'état de ma santé s'est amélioré rapidement. La couleur de ma peau a changé. Mes bras qui étaient minces comme des baguettes se sont ornés de muscles imposants, mes épaules sont devenues carrées. Comme je me sentais bien dans ma peau ! Mon visage reflétait la vitalité, mes yeux étaient vivants, mon nez et ma bouche tendus et pleins de force. Où était l'ombre du malade de jadis ? Pourtant deux années seulement s'étaient écoulées, alors que j'avais commencé en pensant mettre plus de dix ans à obtenir un corps ordinaire...

Ainsi, en avril 1902, à 19 ans (vingt ans dans le texte de H. Hida), j'ai pu entrer au collège de la Préfecture de Yamanashi, alors que mes amis d'enfance en étaient déjà sortis depuis quelques années. Fier de ma santé, j'ai fait chaque jour à pied le long chemin jusqu'à l'école. Je n'ai jamais manqué la classe, ni été en retard, quel que fut le temps, pluie, neige ou vent, car je n'étais plus la « feuille de roseau »...

Je devais me lever très tôt le matin car il fallait marcher 8 kilomètres. Sitôt que je me levais, je faisais une série complète de mes exercices dans ma chambre non éclairée. Je me lavais ensuite à l'eau froide, puis prenais le petit déjeuner et partais pour l'école. En hiver, lorsque je rentrais de l'école après 8 kilomètres de marche, le jour s'était déjà assombri. Je me mettais dehors, torse nu, en caleçon, exposé au vent glacé qui descendait du mont Fuji et effectuais avec violence une série complète de mes exercices basés sur le renforcement du centre du corps. Les exercices effaçaient totalement la fatigue de mes jambes. Je n'ai jamais manqué de suivre ce programme.

Ainsi mes résultats m'encourageaient et je m'imposais chaque jour de violents exercices. En récompense de ma persévérance, j'ai découvert un principe qui traverse les activités physiques, ce qui m'a conduit à certaines convictions sur la méthode à suivre. Au cours de cette pratique passionnée, il m'est arrivé, spontanément, de transformer quelques méthodes en trouvant leurs défauts. Par exemple, durant un certain exercice, il arrivait quelques fois que mes jambes et mes mains refusent de suivre la série des mouvements dont j'avais établi la forme et elles bougeaient autrement. En y réfléchissant avec soin, j'ai découvert que souvent les nouveaux mouvements de mon corps étaient plus rationnels. Il s'agit d'une découverte personnelle mais aussi, je pense, il faut le dire, d'une illumination. Car ce que j'ai obtenu par cette recherche continuelle ne se limite pas au bonheur de la santé, mais j'ai pu m'approcher de la raison subtile de la création de la vie par la Nature.

 

J'ai persévéré dans ma recherche solitaire durant plus de dix ans et en avril 1911 (à 29 ans), en même temps que j'achevais mes études universitaires, j'ai publié mon premier ouvrage « Essai sur la méthode directe de renforcement physique ». Cependant, je n'avais jamais parlé à personne, même pas à ma famille, ni à mes amis, de ma recherche et de mon projet de publication. Quelles longues années d'efforts pour moi qui était si fragile. Mon père et mon frère aîné, qui m'ont élevé si affectueusement, se satisfaisaient de la seule amélioration de ma santé et n'ont jamais songé que je poursuivais une recherche aussi systématique.

Je pensais que la bouche était la porte de l'esprit. Si on ne surveille pas l'ouverture de la bouche, on risque de perdre la possibilité d'atteindre la vérité. Je me suis toujours comporté avec cette ligne de conduite qui m'a donné le courage et l'espoir grâce auxquels j'ai pu continuer seul, dans un espace clos, des exercices ascétiques. Tout au début, lorsque mes bras étaient encore semblables des baguettes, dès que j'essayais de mettre la force, mes muscles devenaient douloureux, mes os ont failli se casser. La partie du corps qui souffrait était enflammée, ce qui est signe de vitalité. J'ai eu quelquefois l'impression que mon corps était celui de quelqu'un d'autre car il était souvent paralysé de fatigue à cause des exercices. Mais je n'ai jamais cessé car j'y investissais ma vie. Si je devais mourir à cause de ces efforts, je me disais que ça m'était égal. Cependant, bien que la difficulté fût dans la pratique, j'avais la conviction que ma démarche était suffisamment scientifique. ».

Ainsi, H. Hida a, très jeune, déterminé une ligne de recherche qu'il a suivie avec la même intensité en ce qui concerne l'acquisition des connaissances que les exercices pratiques.

Document d'archive écrit en ???
par Kenji Tokitsu - publié dans les Editions Shaolin-mon (©Tokitsu-ryu)

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