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Articles de K. Tokitsu
    Etude sur les maîtres du sabre japonais - Bokuden-2
        Kyoto capitale du siècle écoles sabre Shogun l'école Ochiai moment

Kyoto seigneur et cérémonie d'époque période vassaux juge vassal


LA CHRONIQUE DE KENJI TOKITSU

LES MAÎTRES DU SABRE JAPONAIS

TSUKAHARA BOKUDEN (1489-1571)

Nous avons vu comment Bokuden a appris son art au temple de Kashima et remporté les combats désignant le champion qui serait envoyé à Kyoto pour représenter Kashima lors du tournoi organisé par le Shogun dans la capitale.

Les écoles de sabre de Kyoto à la fin du XV° siècle.

Selon la légende, au XI° siècle, un grand moine bouddhiste nommé Kiichi-Hogen a transmis l'école d'art martial qu'il avait fondée à huit moines du mont Kurama. Cette école fut appelée Kyo-ryu à partir du nom de Kyoto. Cependant, au début du XVI° siècle, la trace de la filiation de cette école est perdue et on appelle « école de Kyoto » l'ensemble des écoles qui se trouvent alentour de la ville. Ce sont les écoles Kurama-ryu, Yoshitsuné-ryu, Chujo-ryu, Hojo-ryu, etc. L'appellation : Kyo Hachi ryu, ce qui veut dire les huit écoles de Kyoto, est aussi usitée ; son origine demeure obscure mais on pense qu'elle est liée à la légende de Kiichi-Hogen. Ce moine appartenait à une secte secrète où le bouddhisme fusionnait partiellement avec la pratique du shintoïsme et il connaissait aussi des sortilèges. Au XI° siècle, la puissance des guerriers se renforce progressivement au niveau local mais ceux-ci n'ont pas encore pris le pouvoir. On les nomme « ceux qui prennent l'arc », ce qui signifie que l'arme dominante à cette époque était l'arc et non le sabre. La technique du sabre était sans doute encore rudimentaire. Bien peu de guerriers étaient alors instruits et connaissaient l'écriture, c'est pourquoi, souvent, les moines écrivaient à leur place. Nous pouvons penser que Kiichi Hogen a donné forme à la transmission d'une école en rassemblant des récits de guerriers et en les structurant à partir de ses connaissances et de sa pratique d'une secte secrète du bouddhisme. En tout cas, nous n'en savons pas plus sur l'école de Kyoto. Les relations de filiation entre l'école de Kashima et l'école de Kyoto sont incertaines. Ce qui est certain est que les adeptes du sabre sont nombreux à Kyoto depuis qu'au XIV° siècle le siège du gouvernement du Shogun a été transféré de Kamakura à Kyoto. Malgré l'instabilité du pouvoir du Shogun, Kyoto est redevenu le centre de la politique et des arts. Cependant, la capitale du Japon subit le contrecoup des guerres entre les seigneurs féodaux qui ont commencé au milieu du XVe siècle et vont se prolonger durant plus d'un siècle.

En cette période instable où les habitants de Kyoto vivent sous des menaces quotidiennes, il est naturel qu'ils s'intéressent à la pratique du sabre qui est alors l'arme la plus commode pour se défendre en ville. En effet, l'insécurité est grande, de nuit et même de jour les attaques de bandits ne sont pas rares.

Le gouvernement de Shogun n'a pas de forces suffisantes pour assurer la sécurité de la capitale et les habitants sont forcés de s'armer pour se défendre. L'école de Kyoto s'est donc développée dans ces circonstances : d'abord à partir de l'expérience de la guerre puis sous la nécessité du combat en ville où l'on n'est pas forcément vêtu d'une armure, tandis que l'école de Kashima s'enracine directement dans la pratique et l'expérience de la guerre.

Les adeptes de l'école de Kyoto.

Cinq adeptes ont été choisis : Okamoto Shunko (47 ans), Yoshioka Naomoto (40 ans), Maebara Shigeyasu (39 ans), Ochai Yoshitsugu (31 ans), et Arai Harusada (28 ans) et le meilleur d'entre eux va être sélectionné pour représenter l'école de Kyoto. Le tournoi de sélection est organisé dans le jardin du premier ministre Hosakawa. Le premier combat oppose Maebara à Ochiai. Ce dernier ne dissimule pas son agressivité et montre ostensiblement son mécontentement de ce que, en raison du nombre impair des combattants, Okamoto, le plus âgé, ait été dispensé du premier tour. Au moment du combat son attitude va à l'encontre des coutumes de politesse devenues habituelles parmi les adeptes de Kyoto. Les combattants devaient d'abord saluer la personne la plus honorable, ici le seigneur Hosakawa, puis le juge et ensuite les autres combattants. Cependant, avant même que les deux combattants n'aient fini de saluer le premier ministre, Ochiai bondit sur son adversaire Matsubara, celui-ci, avec la poignée de son bokken, pare l'attaque de Ochiai qui s'abat sur son épaule. Matsubara chancelle en arrière et perd l'équilibre. Ochiai profite de cette situation et s'élance en envoyant un tsuki à la gorge de son adversaire. Matsubara l'évite de justesse mais tombe à terre. Au moment où le sabre de Ochiai va s'abattre sur le crâne de Matsubara, le juge, le célèbre adepte de sabre Aïsu Iko, crie : « Arrêt ! ». Il a saisi le moment où Ochiai pouvait stopper son élan. Aïsu proclame la victoire de Ochiai. En ces temps de guerres féodales, le combat revêtait un aspect cérémonial mais celui-ci pouvait être négligé sans toutefois que l'on apprécie cet acte.

Document d'archive écrit en 1987
par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui

Kyoto seigneur et cérémonie d'époque période vassaux juge vassal

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