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Articles de K. Tokitsu
    Protections et mini-traumatismes (1)
        Protections et mini-traumatismes (1)


L'utilisation du casque et des gants a pour but de rendre plus réalistes les exercices à deux, jyu ippon kumité, kiri kaeshi ou combat libre. Les coups au visage peuvent être portés, à condition évidemment d'être contrôlés. Il en résulte une série de mini-traumatismes aux vertèbres cervicales, les coups, de puissance variable, étant portés parfois d'avant en arrière, parfois de côté (mawashi), parfois de bas en haut, etc. Ces mini-traumatismes risquent de s'accumuler et de poser, avec le temps, des problèmes aux pratiquants. C'est pourquoi nous présentons ci-dessous des gestes simples qui devraient être faits à chaque fois qu'après des exercices à deux, des coups à la tête ont été donnés et reçus. Précisons bien qu'il ne s'agit en aucun cas ici de " manipulations " des vertèbres qui sont du ressort exclusif d'un médecin. Pour tout accident au niveau des vertèbres il faut faire appel à un service d'urgence tel les pompiers ou, à Paris, le SAMU(2). Il s'agit bien ici de tensions anormales des muscles qui sont, de près ou de loin, en relation avec les vertèbres cervicales ou dorsales supérieures.
Les photos ci-dessous (de Christine Blanc), prises lors d'un stage à Paris, illustrent quelques gestes qui ont pour but le relâchement de certains des muscles qui souffrent directement ou indirectement des chocs répétés à la tête. Charles Attuil qui est à la fois 2ème dan de l'école et médecin-ostéopathe, qui commente les photos, y effectue les gestes sur Bernard Lello. 
M.F

Bernard est assis sur les talons, la tête droite, le menton légèrement rentré ; comme Charles le montre sur la photo, le sommet de la tête est bien positionné. Le cou est relâché, ce que Charles sent bien lorsqu'il secoue la tête de Bernard à droite et à gauche, en avant et en arrière.


Charles se positionne comme sur la photo : le genou gauche au sol et le pied droit à plat ; le genou droit supporte son coude droit (ou s'apprête à la faire). Le corps de Charles est en contact (à droite et en arrière) du tronc de Bernard.

Charles met la paume de sa main droite (ou la partie comprise entre le pouce et l'index) sous le menton de Bernard et la paume de sa main gauche contre la nuque (plus précisément sous le rebord de l'occiput) de Bernard sans serrer la partie comprise entre le pouce et l'index mais de façon à bien lui maintenir la tête droite. Bernard est toujours décontracté.

En s'aidant de son pied droit, Charles soulève la tête de Bernard d'un mouvement ascensionnel uniforme avec sa main droite ; il fait le même mouvement symétrique avec la main gauche. Après avoir maintenu la tête de Bernard dans cette position pendant quelques secondes (il s'agit de faire grandir Bernard de 3 cm environ), Charles relâche cet allongement sans à-coups et progressivement.

En complément, on peut étirer les plans postérieurs. Bernard laisse pendre sa tête de tout son poids naturel. Charles renvoie avec une grande retenue la tête de Bernard en bas et en avant, comme un ballon qu'il fait rebondir (l'élasticité naturelle des plans de la nuque et du dos ramenant la tête vers le haut après chaque poussée).

Bernard, décontracté, laisse reposer son dos sur les cuisses semi-fléchies de Charles. Ce dernier appuie de ses deux mains sur les muscles pectoraux et autres tissus thoraciques sans plus de force que s'il voulait déplisser un tissu froissé ; le bénéfice résulte du fait que la traction est superficielle et non profonde.


(1)Cet article, annoncé dans le numéro 7 page 17, n'avait pu y être publié.
(2)A ce propos, il convient de savoir qu'il existe une formation (gratuite ou de faible coût) assurée par la Croix Rouge ou d'autres organismes où sont enseignés (en quinze heures) des gestes de secourisme élémentaires nécessaires dans la vie quotidienne (par exemple pour ceux qui ont des enfants), qui peuvent être très utiles dans un dôjô. A l'issue de ces cours il est possible de passer un examen dont l'obtention est nécessaire pour l'enseignement des disciplines sportives.

Document d'archive écrit en juin 1996
par Maurice Fhima et Charles Attuil (élèves de Me Tokitsu) - publié dans Bulletin Shaolin-mon n°8-9


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